Sofi Vairon – Le champ étoilé

 

 

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PORTRAIT

Sofi ne se raconte pas en ligne droite. Son parcours ressemble à ce qu’elle cultive : vivant, imprévisible, joliment imparfait. Du sport de haut niveau à la protection des oiseaux, au milieu associatif, chaque étape l’a menée jusqu’à Pont-l’Abbé où elle a semé son champ étoilé.

Paysanne, bouquetière et semencière, Sofi cultive des fleurs de saison sans chimie et sans compromis.

 

Comment passe-t-on des terrains de sport picards au champ fleuri bigouden ?

C’est ma troisième reconversion professionnelle. J’ai d’abord travaillé une douzaine d’années dans le milieu sportif, portée par une passion pour le hockey sur gazon. Puis j’ai quitté Amiens pour rejoindre l’Île de Ré. Là-bas, j’ai découvert un territoire baigné de nature. J’y ai développé ma fibre écocitoyenne, notamment à travers le bénévolat auprès de la Ligue pour la protection des oiseaux. Cette expérience m’a même amenée à intervenir à l’étang de Trunvel.

Peu à peu, j’ai ressenti le besoin de donner un nouveau sens à mon parcours. J’ai mis le sport de côté pour reprendre des études avec un BTS en gestion et protection de la nature. J’ai travaillé à La Rochelle dans l’éducation à l’environnement autour de la problématique des déchets en milieu maritime.

Et puis, un jour, l’envie d’ailleurs. Sans attaches, guidée par un sentiment de liberté, j’ai pris la route vers le “bout d’un bout”.  Attirée par la Bretagne et le Finistère, je suis arrivée jusqu’au phare d’Eckmühl. Là, j’ai su que j’avais trouvé mon point d’ancrage.
J’ai enchaîné plusieurs expériences dans l’animation nature, jusqu’à m’investir dans l’association Sur un air de Terre. C’est dans ce cadre que j’ai créé une grainothèque et que mon intérêt pour les semences a vraiment pris racine.

Comment le champ étoilé a-t-il éclos ?

Après quelques années dans l’association, j’ai ressenti le besoin de porter un nouveau regard sur mon parcours. La gestion administrative me pesait, elle empiétait sur mon temps au contact direct de la nature. J’ai donc entamé une nouvelle reconversion accompagnée par le CIVAM[1], avec une formation « de la graine au projet ». Mon idée était simple : créer un lieu beau et accueillant, dans lequel je me sente bien, et qui soit aussi pédagogique.

Le brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole en maraichage (BPREA) maraîchage m’a permis de me lancer dans la production florale. Je voulais travailler seule, mais sans être isolée. J’ai sillonné le territoire à vélo à la recherche de parcelles possibles. Le réseau a fonctionné : une parcelle cultivée en location par Sefa Atchadé (les paniers enchamptés) et Christophe Petibon (la ferme de Quélourdec) s’est ouverte à la vente, idéalement située près de Pont-l’Abbé et dans le bon timing. Deux ans ont été nécessaires pour aboutir au champ étoilé.

Tout est lié. Comme une graine que l’on sème, chaque étape de ma vie a contribué à faire éclore ce projet.

[1] Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural

Quel est l’esprit du champ étoilé ?

Je cultive des fleurs en plein champ, sur 1,4 hectares, sans aucun produit chimique. Environ 6 000 m² sont cultivés, le reste est entretenu par des brebis. J’ai fait ce choix pour proposer une alternative aux fleurs standardisées, souvent cultivées à des milliers de kilomètres dans des conditions peu respectueuses de la terre. Je ne vends pas simplement un produit : je partage un travail et une démarche guidés par mes convictions personnelles.

Ma production va de la graine à la graine et je m’attache à cultiver des fleurs de saison, joliment imparfaites. En ce moment je travaille tulipes, narcisses, anémones et renoncules, mais aussi les fleurs annuelles comme les cosmos, les immortelles et les tournesols. Je consacre une grande partie de champ aux dahlias (une cinquantaine de variétés) qui offrent une belle diversité de couleurs, de formes et sont parfaites pour composer des bouquets.

Je suis particulièrement fascinée par le pavot, une si petite graine dont la plante est capable de monter jusqu’à 80 cm. J’aime son côté poétique et éphémère.

Ce projet, c’est bien plus que des fleurs. Quelles valeurs guident votre travail et votre lien à la biodiversité ?

Je défends une agriculture respectueuse de l’environnement et des saisons. Je travaille en bio et je fais avec la nature : il faut accepter ses contraintes et composer avec elle.

De mars à avril, je prépare les sols avec un compost végétal et organique, en collaboration avec Sefa et Christophe. Ce mélange enrichit et structure ma terre. Jusqu’en avril, je m’occupe des semis et de la plantation en pépinière.

L’été concentre le gros de mon activité : la gestion des fleurs, la réalisation des bouquets. J’utilise différents paillages végétaux pour limiter le désherbage et l’arrosage. Je n’ai pas d’électricité sur l’exploitation et je partage l’eau d’un forage avec ma voisine de parcelle (les petits fruits d’Iza).

Chaque geste fait partie d’un cycle plus large : semer, faire pousser, récolter, et recommencer. C’est cette approche qui me permet de respecter la nature tout en proposant des fleurs saines et vivantes.

Quelles prestations proposez-vous ?

J’organise des cueillettes au champ où les visiteurs découvrent le terrain, cueillent leurs fleurs et composent leurs bouquets. Ces ateliers, en petits groupes de 4 personnes pendant deux heures, permettent d’explorer les techniques de cueillette, les semis et les semences. J’en profite pour sensibiliser au fonctionnement du milieu agricole, à l’importance de chaque maillon, de l’eau et des bois pour le maintien des corridors naturels.

Je me définis comme bouquetière artisanale : je compose des bouquets personnalisés pour des mariages, anniversaires ou moments de deuil, toujours à partir d’un échange avec la personne. Je propose également un abonnement “bouquet surprise”, livré chez soi selon mon inspiration et les fleurs disponibles, tous les 15 jours ou tous les mois.

Où peut-on vous trouver et quels sont vos projets ?

Pour les points de vente, je suis présente sur le marché paysan de Quélourdec, à la Biocoop de Pont-l’Abbé et au magasin de producteurs de Locmaria à Quimper. Ces lieux sont importants pour moi : ils font partie d’un réseau de soutien et de partage. Dans le monde paysan, on ne peut pas tenir seul.

Parmi mes projets, j’ai celui de me former à l’accompagnement du deuil et développer l’accueil des familles au champ. Les fleurs ont ce pouvoir d’apporter une autre teinte à ce moment délicat. J’aimerai offrir un cadre et un temps qui permettent de mieux vivre l’émotion.

Quels sont vos coups de cœur bigoudens ?

L’étang de Trunvel situé entre Tréguennec et Tréogat. La roselière, les dunes, ce côté plat et dénudé, le chant des oiseaux. C’est ma soupape.

J’aime aussi le bout de l’Île Chevalier, un endroit paisible où se mêlent le bois, la rivière et, un peu plus loin, la mer. Le soir, le spectacle de la lumière est magique.

Plus largement, je suis fascinée par la diversité qu’offre le Finistère sud. À partir du Pays bigouden, on peut rayonner : passer de la quiétude des dunes à la rudesse du relief du Cap Sizun et de la Pointe du Raz.

Sinon, vous êtes plutôt tarte au maroille ou gâteau breton ?

Tarte au maroille, sans hésiter. J’aime ce goût franc, un peu rustique, qui rappelle le terroir de ma Picardie natale. C’est une saveur qui a du caractère ! J’apprécie également le gâteau breton bien plus généreux en beurre que le très aérien « gâteau battu » Picard.

Le champ étoilé

Hameau de Quélourdec – 29120 Pont-l’Abbé

06 24 26 38 05

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Crédits photos : Marine Minier / @marine.eyes
L.Gloaguen

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