Le Vivier des étocs

 

 

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PORTRAIT

Un duo détonnant ! À Kérity, Elliot Gow et Laurent Dauget ont choisi un terrain de jeu à leur image : vivant, convivial et sans chichi. L’un est Écossais, l’autre originaire de Morlaix, et tous deux se sont profondément attachés à ce quartier. Dans cet ancien atelier de mareyage, marqué par la pêche et chargé d’histoire, ils ont imaginé le Vivier des étocs : un pub-restaurant où l’on vient se retrouver autour d’un verre, partager une assiette, écouter de la musique. Une adresse qui cultive son âme et son ancrage à Kérity, tout en insufflant une nouvelle énergie au quartier.

Quel est votre lien avec Kerity ?

Elliot. Kérity est devenu mon quartier grâce à ma femme, Corinne. Elle est originaire du quartier de Saint-Pierre et vient d’une famille de pêcheurs. Ça résonnait avec mes origines écossaises : la mer, les petits ports, les éléments, le caractère, etc. J’ai passé beaucoup d’étés ici avant de finalement m’y installer.

Laurent. Je suis originaire de Morlaix, j’ai fait mes études en hôtellerie-restauration au Paraclet, à Quimper. À l’époque, je venais chez des copains à Saint-Guénolé. Mon premier lien avec Kérity, c’est la pêche à pied. Je trouvais déjà le site incroyable. J’ai ensuite un peu voyagé, du Pays de Galles au Sud-Ouest de la France, comme directeur de restaurants. Puis j’ai eu envie de revenir pour me rapprocher de ma famille. Je prospectais dans le coin quand l’opportunité de reprendre le Nautilus s’est présentée. L’histoire a duré dix ans ! J’ai revendu le restaurant cette année.

Et puis on a vu le quartier évoluer. Les aménagements récents l’ont rendu beaucoup plus agréable, plus piéton et plus sécurisé, sans lui faire perdre son identité.

Comment tout a commencé pour le Vivier des étocs ?

E. J’étais un client régulier du Nautilus que tenait Laurent et j’avais envie de créer une affaire dans l’esprit pub-restaurant, avec de l’animation et une vraie vie autour du quartier. Quand le propriétaire de la société de mareyage SCEO nous a annoncé son départ à la retraite, on a tout de suite sauté sur l’occasion.

L. On était finalement les deux bonnes personnes pour se lancer : Elliot, l’entrepreneur dans l’âme, et moi avec mon expérience plus technique. On se connaissait déjà bien depuis le Nautilus, donc on avait une relation de confiance qui a facilité les choses.

E. Ce qui nous a aussi séduits, c’est l’histoire du bâtiment. Construit en 1877, il a d’abord accueilli une usine Saupiquet puis une entreprise de mareyage. Quand on entre ici, on ressent tout son passé : la charpente, les pierres ; il y a une vraie histoire.

L. Le chantier a été mené en seulement six mois, avec de nombreux artisans locaux. C’était un vrai défi, mais le résultat est à la hauteur. Et là encore, le réseau de confiance construit au fil des années nous a beaucoup aidés.

Qu’est-ce qui distingue le Vivier des étocs 

L. Le nom « Vivier » a un double sens qui nous plaît beaucoup. C’est à la fois un lieu de vie et un clin d’œil à l’ancienne activité de mareyage du bâtiment. Pour nous, c’était important de conserver cette histoire et de faire perdurer le lien avec la pêche locale.

E. On voulait aussi en faire un lieu populaire, familial et festif, dans l’esprit d’un pub. Ici, on peut venir boire un verre, manger, écouter de la musique. Les trois espaces ont chacun leur ambiance, mais tout est réuni dans ce grand bâtiment aménagé comme un loft. En bas, le pub est décontracté et devient plus événementiel le soir et le week-end. À l’étage, le restaurant est plus feutré, avec la vue sur la mer. Et puis il y a la terrasse, qui est devenue un point fort pour trinquer ou partager une assiette face à la mer.

Le Vivier est connu pour être un lieu vivant toute l’année. Quel est votre secret ?

L. Nous habitons ici à l’année, donc forcément, on se sent concernés par la vie du quartier. On veut faire vivre un espace où l’on a envie de se retrouver, entre amis, en famille, avec ses collègues ou simplement avec des gens de passage. C’est aussi un vrai choix d’entreprise : nous faisons travailler une douzaine de salariés à l’année, une trentaine au total en saison.

E. On essaie surtout de proposer une programmation éclectique et ouverte à tous : concerts, blind tests, karaokés, retransmissions sportives, etc. Nous voulons aussi être un tremplin pour les musiciens et groupes locaux, avec une scène qui leur est ouverte. La clé, c’est sans doute l’anticipation. On annonce notre programmation suffisamment tôt pour que chacun puisse s’organiser, se donner rendez-vous pour souffler un peu, à l’écart du rythme quotidien.

Quelles sont vos spécialités ?

L. On travaille au maximum avec des produits frais et de saison, en circuit court. Pour le poisson, nous nous fournissons directement auprès de mareyeurs bigoudens, notamment Furic Marée au Guilvinec et le Moulin à Marée à Loctudy. Selon les arrivages, on retrouve du thon, de la lotte, du lieu jaune. Nos deux incontournables, ce sont le fish and chips et le curry de lotte. Ce dernier est devenu notre plat signature : il est très demandé et met en valeur un poisson pêché localement.

E. Et puisqu’on est un pub, la bière a forcément sa place ! Nous en proposons une douzaine, dont notre propre bière, la Bolincheuse, brassée juste à côté, chez Merlin. Son nom fait référence à la pêche à la sardine, un marqueur historique du port de Kérity. On propose également des pizzas à emporter.

Des projets ?

E. Continuer à faire grandir le Vivier des Étocs comme on l’avait imaginé au départ. On aimerait que le Vivier gagne en reconnaissance et s’inscrive durablement dans le paysage bigouden.

L. Notre ambition, c’est de devenir un incontournable du Pays bigouden, comme peuvent l’être le Doris ou chez Marie-Cath. Un lieu que l’on connaît, où l’on revient, et qui fait partie de la vie du territoire.

Quels sont vos lieux coups de cœur ?

E. Le phare d’Eckmühl, sans hésiter. J’y promène souvent mon chien et j’aime particulièrement les couchers de soleil autour du phare, quelle que soit la saison. C’est un endroit dont je ne me lasse pas.

L. Pour moi, c’est plutôt la plage du Steir au printemps. Un apéro-pique-nique avec les enfants, quelques langoustines et rien de plus. On a vraiment de la chance de vivre ici. Il faut en avoir conscience.

Sinon, vous êtes plutôt terrasse au soleil ou comptoir un soir d’hiver  ?

E.Le comptoir du soir ! Je suis Écossais, alors l’esprit pub est forcément bien ancré chez moi. Le pub, ce n’est pas simplement un bar : c’est un vrai lieu de vie, de rencontres, de culture. Et entre nous, je n’aime pas le soleil !

L.La terrasse, sans hésiter. J’aime son ambiance chill et cette vue sur la mer. Difficile de s’en lasser.

Le Vivier des étocs

21 rue Victor Hugo 29760 Penmarc’h (quartier de Kerity)
Ouvert jeudi soir, puis vendredi samedi, dimanche, midi et soir.
02 98 98 09 99

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Crédits photos : Claire Marion / Corinne Gow

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