Julia Barat
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PORTRAIT
Entre transparence et couleur, Julia Barat fait chanter la lumière depuis son atelier à Plobannalec-Lesconil. Originaire de Franche-Comté, cette maître-verrière a trouvé en Pays bigouden un terrain d’expression où la lumière devient matière entre ses mains. Elle travaille le verre comme on écrit une partition : avec rigueur, sensibilité et amour du geste.
Quel est votre parcours ?
Je suis originaire de Franche-Comté et rien ne me destinait vraiment au métier de maître-verrière. J’ai d’abord suivi des études en musicologie, avant de prendre une autre direction et apprendre un métier manuel.
C’est ce qui m’a conduite vers le travail du verre. Il existe deux centres de formation, à Nancy et à Nantes. Je cherchais à intégrer un atelier dans l’un ou l’autre secteur. Finalement, c’est en Bretagne que j’ai trouvé ma place. J’ai fait mes gammes en apprentissage chez Charles Robert, à Pluguffan, où j’ai travaillé près de dix ans, principalement sur des chantiers de restauration d’églises. La Bretagne s’est imposée naturellement. J’avais tout à y découvrir !
De là à s’établir à Plobannalec-Lesconil ?
Mes parents ont acheté une maison au lieu-dit Quelarn à Plobannalec juste avant le Covid. J’ai saisi l’opportunité d’investir le chalet du jardin en guise d’atelier.
L’endroit est un peu magique, tout près d’un menhir – un signe ésotérique peut-être ? J’aime cette idée d’un lien entre les énergies de la pierre, du verre et des églises.
Et pour l’anecdote, je pratique le chant lyrique. Finalement, je passe ma vie dans les églises ! La musique reste essentielle dans ma vie, elle m’accompagne dans mon travail comme une respiration.
Pourquoi avez-vous choisi de travailler le verre ?
C’est d’abord une histoire de hasard et de curiosité. J’ai toujours été passionnée par l’art et l’artisanat, mais le verre m’a tout de suite fascinée par sa fragilité et son exigence.
Ce qui me plaît profondément, c’est ce mélange entre la tradition et la liberté de création contemporaine. Les possibilités sont infinies, et j’aime explorer, expérimenter, me laisser surprendre par ce que la matière offre.
Et puis, surtout, il y a la lumière. Elle est au cœur de tout. La transparence, la couleur, les reflets, les jeux de géométrie et de perspective ; c’est un terrain de recherche sans fin. La lumière donne vie au verre, elle change selon l’heure, la saison, l’endroit. C’est ce dialogue permanent qui me passionne.
À quoi ressemble votre atelier et comment appréhendez-vous cet art ?
Dans mon atelier, on retrouve tout l’essentiel d’un atelier-verrier : un grand plan de travail et tout un jeu d’outils que j’affectionne : le couteau serpette, la pince à gruger, l’ouvre-plomb, le rabattoir, la marteline, etc. Avec ces outils j’adopte des gestes anciens, précis, presque chorégraphiés.
J’aime cette part très traditionnelle du métier, mais je revendique un équilibre entre l’ancien et le contemporain. Je garde les savoirs classiques du vitrail tout en les adaptant aux intérieurs d’aujourd’hui, avec des lignes plus sobres, des couleurs parfois plus audacieuses.
Pour mes créations, j’utilise principalement des verres soufflés ou texturés, qui offrent une palette de lumières et de matières infinie. Selon les projets, le rendu peut être très graphique, ou au contraire plus organique, plus doux. J’aime que chaque pièce ait sa propre vibration, comme une note dans une partition de musique.
Vous semblez très attachée à la transmission de votre art.
En réalité, je propose surtout des ateliers d’initiation au vitrail, sur des formats de trois à six heures.
C’est un vrai bonheur de partager ces moments de totale découverte. Les stagiaires se rendent compte du temps que demande chaque étape (maquette, découpe du gabarit, coupe du verre, etc.), de la précision des gestes, de la patience qu’exige le travail du verre. Ils plongent dans un savoir-faire ancestral. Repartir avec leur propre création à la fin de la journée est toujours une grande fierté pour eux.
À travers ces ateliers, j’avais envie d’ouvrir mon espace de travail, d’accueillir les curieux, les passionnés. J’accueille entre une et quatre personnes par session, ce qui permet un vrai accompagnement personnalisé. C’est un moyen simple de découvrir un métier, et pour moi, une belle façon de transmettre ce que j’aime.
Quels sont vos coups de cœur pour le Pays bigouden sud ?
J’ai un vrai coup de cœur pour Le Guilvinec. J’aime son ambiance de ville portuaire, ses commerces, l’énergie du port, et puis, le plaisir de prendre un café en terrasse.
J’y habite depuis quelques mois et je suis vraiment charmée par ce cadre de vie. C’est agréable de pouvoir alterner le travail à l’atelier et les moments de détente. Après le travail, j’aime aller me baigner à la plage du Ster, profiter de la mer et de la lumière si particulière du Pays bigouden.
Et sinon, vous êtes plutôt ?
Dessin ou partition ? Impossible de choisir ! Les deux ont une place à part entière dans ma vie, chacune nourrit l’autre.
Mer ou montagne ? Même si je viens de Franche-Comté, je préfère la mer. C’est apaisant, revigorant à la fois. J’aime me baigner dans l’eau froide, sentir la chaleur du soleil sur la plage. Ces contrastes, je les retrouve dans les paysages bretons et, d’une certaine façon, dans mon travail : la lumière et la matière, la transparence et la couleur, le calme et le mouvement.
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